« Pologne : nomination du gouvernement de Donald TUSK | Page d'accueil

23/11/2007

Exposé de politique générale de Donald TUSK, nouveau Premier ministre polonais

62da76d7fa67b6b7d74bedebcb8c5a91.jpgUne semaine après la nomination du nouveau gouvernement polonais par le président de la République Lech KACZYNSKI, le président du Conseil des ministres, Donald TUSK, a présenté son exposé de politique générale aux députés, réunis dans l'hémicycle de la Diète, chambre basse du parlement polonais.

Dans sa longue intervention d'une durée de 3 heures, le Premier ministre a confirmé le retrait de l'armée polonaise d'Irak en 2008. Selon une récente enquête d'opinion, 85% de la population est opposée à la présence des soldats polonais en Mésopotamie, dont le contingent actuel est de 900 hommes contre 2 600 initialement. M. TUSK a précisé que le retrait serait progressif, son achèvement devant être effectif d'ici la fin de l'année 2008.

Le chef du gouvernement s'est également prononcé en faveur d'un dialogue avec la Russie, pays voisin avec lequel les relations ont été quasi inexistantes sous le précédent gouvernement de Jaroslaw KACZYNSKI. Pour Donald TUSK, "l'absence de dialogue ne sert ni la Pologne, ni la Russie, elle nuit à l'image des deux pays". Il s'est déclaré convaincu "que le temps d'un changement positif est arrivé", se considérant "satisfait des premiers signes" en provenance de Moscou.

Avant de poursuivre les négociations avec les Etats-unis d'Amérique, M. TUSK a laissé entendre, sans la citer, que la Russie serait consultée sur le projet controversé de base anti-missiles américaine en Pologne, précisant qu'un tour d'horizon serait effectué avec l'OTAN et certains des voisins de la Pologne. Or, il ne peut s'agir que de la Russie, les autres pays frontaliers non membres de l'alliance atlantique étant la Biélorussie, l'Ukraine et la Suède (frontière maritime).

Sans rejeter le principe du bouclier anti-missiles, le gouvernement TUSK devrait se montrer plus ferme dans les négociations avec les américains, en demandant des contreparties, notamment afin de garantir la sécurité de la Pologne.

En matière de politique européenne, Donald TUSK s'est prononcé en faveur d'une intensification de la coopération de la Pologne avec l'Allemagne et la France, dans le cadre de l'Union européenne.

Bien que favorable à la charte européenne des droits fondamentaux, le gouvernement ne remettra pas en cause l'exception négociée par les frères KACZYNSKI afin de ne pas mettre en péril la ratification du traité européen qui, requérant une majorité des deux tiers, ne pourra être obtenue, sans les voix des députés du PiS, le parti dirigé par Jaroslaw KACZYNSKI.

Donald TUSK a annoncé une politique économique libérale afin de moderniser la Pologne, à travers notamment une diminution progressive des impôts, un plan de privatisations, une réduction drastique de la bureaucratie en liquidant les obstacles à la création d'entreprises, un objectif d'équilibre budgétaire à moyen terme, un passage le plus rapide possible à la monnaie unique européenne.

M. TUSK a indiqué que la question des infrastructures serait l'une des priorités de son gouvernement. Il a annoncé la construction de routes et d'autoroutes, une réforme de PKP, la société des chemins de fer, l'ouverture du rail à la concurrence, la réalisation de nouvelles lignes ferroviaires et l'accès à l'internet à haut débit dans les zones rurales.

Le gouvernement luttera sans merci contre la corruption. Il réformera la justice, en séparant les fonctions de ministre de celles de procureur général.

En matière de politique sociale, le gouvernement de coalition réformera les retraites et le système de santé, dont la situation est préoccupante, sans toutefois privatiser les hôpitaux.

La Diète se prononcera ce soir sur cet exposé de politique générale, qui devrait obtenir l'approbation d'une majorité de députés, la coalition de la Plateforme civique (PO) et du Parti populaire polonais (PSL) disposant de 240 sièges sur 460.

Commentaires

Le gouvernement de Donald TUSK a été investi par la Diète, chambre basse du parlement polonais, lors du vote de confiance qui est finalement intervenu aujourd'hui.

Sur 460 députés, 238 se sont prononcés favorablement, ceux des groupes de la coalition PO et PSL. 204 ont voté contre, ceux des groupes PiS et LiD. Deux députés se sont abstenus.

Ecrit par : Blog Pologne | 24/11/2007