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27/10/2005

Y aura-t'il un gouvernement de coalition entre les sociaux-conservateurs et les libéraux en Pologne ?

Les négociations en vue de la formation d'un gouvernement de coalition sont désormais dans l'impasse. Elles avaient démarré en septembre dernier, suite à la victoire du parti Droit et Justice (PiS) et de la Plateforme civique (PO) aux élections législatives et avaient rapidement été suspendues pour ne pas perturber la campagne présidentielle des candidats des deux partis.

 

Le président de Droit et Justice (PiS), Jaroslaw KACZYNSKI, avait renoncé à briguer le poste de premier ministre afin que son frère jumeau, Lech KACZYNSKI, puisse conserver toutes ses chances de victoire à l'élection présidentielle. Le PiS avait alors proposé la nomination au poste de premier ministre de Kazimierz MARCINKIEWICZ, un économiste, inconnu du grand public.

 

Le 19 octobre dernier, M. MARCINKIEWICZ a officiellement été chargé de former un nouveau gouvernement par Aleksander KWASNIEWSKI, l'actuel chef de l'Etat. Au lendemain de l'élection de Lech KACZYNSKI à la présidence de la République, les discussions ont repris entre les libéraux et les sociaux-conservateurs, ces derniers s'appuyant sur leur double succès aux législatives et à la présidentielle. 

 

Les discussions se sont tendues entre les deux formations, les sociaux-conservateurs ayant, semble-t'il, revu leurs exigences à la hausse, notamment concernant la répartition des postes ministériels. Droit et Justice (PiS) revendique les ministères de la justice, de l'intérieur et de l'administration, ainsi que les services secrets. La Plateforme civique semble considérer comme inacceptable que les ministères en charge de la justice et de la sécurité soient entre les mains du même parti au sein d'une coalition gouvernementale qui, selon elle, se trouverait alors déséquilibrée. Les sociaux-conservateurs ont évoqué la possibilité de procéder à une scission du ministère de l'intérieur et de l'administration, le ministère de l'administration revenant aux libéraux. Cette proposition ne paraît pas avoir convaincu les responsables de la PO.

 

Hier, l'élection du Président de la Diète (chambre basse du Parlement) a provoqué une véritable crise entre les libéraux de la Plateforme civique et les sociaux-conservateurs de Droit et Justice. 

 

Alors que les deux formations avaient convenu que ce poste reviendrait à la PO, le PiS a présenté la candidature de Marek JUREK qui a été élu par 265 voix contre 133 pour le libéral Bronislaw KOMOROWSKI. M. JUREK, connu pour sa ferveur catholique, ses convictions nationalistes et son attachement aux valeurs traditionnelles, a bénéficié de suffrages émanant de députés populistes d'Autodéfense de la République de Pologne (Samoobrona RP) et nationalistes de la Ligue des familles polonaises (LPR).

 

Donald TUSK, Président de la PO, a fortement réagi en annonçant que son parti ne pouvait poursuivre les négociations avec le PiS. Les sociaux-conservateurs ont indiqué qu'ils essaieraient de reprendre les discussions avec les libéraux, en précisant qu'en cas d'échec, ils constitueraient un gouvernement minoritaire, refusant les propositions de former un gouvernement de coalition qui leur ont déjà été formulées par Samoobrona RP et la LPR.

 

La PO et le PiS ayant depuis longtemps annoncé leur intention de gouverner ensemble, que penseraient les polonais d'un gouvernement social-conservateur minoritaire alors qu'une nouvelle législature commence et qu'un nouveau Président de la République ayant promis de grands changements vient d'être élu ? Que deviendrait alors le projet cher à Lech KACZYNSKI de quatrième République, celui-ci nécessitant une majorité parlementaire des deux tiers afin de pouvoir adopter une nouvelle Constitution ?

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